Axe 2 : Normes, Vulnérabilités et Solidarités -NVS

                  Responsables : Pascal Glémain et Annie Gouzien

 2.1. Finances et entreprises sociales, consommation(s) et solidarités


L’évolution du rapport à la normativité et le déclin des institutions (Etat, Famille, Eglises et Marchés) conduisent à la recherche et à l’émergence de nouvelles modalités  d’organisations économiques et sociales. Elles aboutissent à l’apparition de nouvelles formes  d’entreprises dites « sociales ou solidaires » et d’entrepreneuriats, à des nouveaux univers  financiers (solidaire, éthiques, responsable), à de nouveaux comportements pro-sociaux de  consommation. Si dans la pratique et dans l’absolu, les normes se réunissent autour d’un projet  commun et donnent du sens à l’action collective et à l’interaction entre les individus et les  organisations, alors il nous faut comprendre pourquoi les normes sont redéfinies et réappropriées  comme un ensemble de ressources pour servir aux stratégies alternatives et aux actes de solidarité,  c’est-à-dire comme un outil pour rassembler les individus voire les sociétés autour de valeurs  différentes de celles portées jusqu’alors par les systèmes juridiques, économiques, sociaux et  politiques. Mais les mutations des familles (p.ex. monoparentale ou homoparentale), l’apparition de  nouveaux systèmes de solidarités, souvent portés par les organisations d’économie sociale et  solidaire, les nouveaux rapports à l’environnement, les nouveaux comportements de consommation
(p.ex. le recyclage, les multiples vies des produits, le car-sharing), réinterrogent le cadre  juridique, social, économique, financier et comptable qui  fixaient jusque-là les  conduites  individuelles et collectives. Cette situation représente de nos jours un défi sociétal. L’éthique et le solidaire apparaissent de plus en plus comme de nouveaux outils de régulation des collectifs
autour de ses nouvelles valeurs et interrogent, de fait, la question des normes vécues/perçues, internes/externes, individuelles/collectives, implicites/explicites.

2.2. Vulnérabilités, professions et nouvelles formes d’emploi

La vulnérabilité ou les vulnérabilités pour souligner la polysémie de la notion peuvent être définies comme la situation de personnes "qui ne sont pas en mesure d'exercer correctement leurs droits et libertés" (X. Lagarde, 2009) : droits au logement, au travail, à la protection sociale ou à la justice, à la vie privée et à la vie familiale...

Ce programme de recherche s'ouvre à l'ensemble des vulnérabilités quelles qu'en soient les causes, qu'elles soient fondées sur les aptitudes ou les capacités physiques ou intellectuelles,
ou sur des ressources économiques, sociales ou familiales inégalement réparties, et que les solidarités s’attachent à corriger. Par le prisme des épreuves, de leur temporalité dans les parcours de vie et de la manière dont elles sont régulées, il s’agit d’envisager les expériences de la vulnérabilité perçue comme structurelle et des vulnérabilités construites dans des contextes situationnels (migration, surendettement, parentalité, éducation, enfance, transition à l’âge adulte…).

2.3. Normes, Patrimoine(s) et environnement

 
La notion de patrimoine ne doit pas être entendue dans un sens étroit mais dans celui d'un processus de patrimonialisation. Qu'est-ce qu'une société définit comme son patrimoine et comment
agit-elle en fonction de celui-ci ? Le programme en ce sens s’intéresse autant au patrimoine  culturel qu’au patrimoine naturel (voir par exemple les définitions de l’UNESCO dont la notion de
patrimoine mondial inclut les biens culturels et naturels).  La notion de patrimoine renvoie  également à sa définition civiliste et ouvre à ce titre la question de la propriété intellectuelle
(propriété du patrimoine immatériel).
Depuis plus de trois ans, plusieurs chercheurs se sont mobilisés pour consolider la réflexion sur cette thématique des processus patrimoniaux à la fois d’un point de vue institutionnel et
scientifique. Des doctorants réalisent leurs thèses sur cette question de la patrimonialisation tantôt à partir du sujet de la création artistique et des lieux patrimoniaux, tantôt à partir du
sujet de la pratique de la Médecine traditionnelle Chinoise. Ce dernier sujet fait par ailleurs l’objet d’une convention de coopération scientifique entre l’Université de Rennes 2 et l’Université
de Médecine Traditionnelle Chinoise du Yunnan à Kunming, laquelle se concrétise à ce jour par une  mobilité annuelle de chercheurs et étudiants chinois et français.

 Membres de l'équipe :

Aude Cavaniol, Gael Henaff, Catherine Malecki, Philippe Metay, Odile Castel, Sabina Issehnane, Pascale Meriot, Sandrine Rospabe, Oussama Abdallah, Alain Amintas, Amelie Bellion, Julien Bouille, Florence Busson-Villa, Pascal Glemain, Sebastien Le Foll, Anne-Laure Le Nadant, Jennifer Urasadettan, Sophie Bodin, Jean-Yves Dartiguenave, Said Haddad, Jean-Michel Le Bot, Sophie Le Coq, Emilie Potin, Claude Weber, Eugene Ayissi Manga, Anais Henneguelle