Les métamorphoses du versipelles romanesque (Guillaume de Palerne, Guillaume d’Angleterre, Perceforest)

Résumé : Le motif du loup-garou est largement attesté dans le folklore, aussi bien au Moyen Âge que plus tard. A côté de nombreux témoignages ponctuels (par exemple chez saint Augustin, dans la Topographia Hibernica de Giraut de Cambrie ou dans les Evangiles des Quenouilles), la métamorphose cyclique en loup se retrouve aussi dans des récits brefs comme les lais de Bisclavret ou de Mélion. Si la métamorphose en animal inquiète l'homme médiéval, le loup-garou semble échapper à cette réticence, et du XIIe siècle à la fin du Moyen Âge la mode littéraire du versipelles ne semble pas s'essouffler, comme le suggère Biclarel qui figure dans la première version de Renart le Contrefait (entre 1319 et 1322). Le loup-garou fonctionne par ailleurs comme archétype de la croyance folklorique tout au long du Moyen Âge: c'est sur son exemple que s'étend autour de l'an Mil Burchard de Worms dans le livre XIX du Corrector de son Decretum et le clerc qui composa les Evangiles des Quenouilles au XVe siècle retient le loup-garou parmi les sujets qu'abordent ses bavardes fileuses 1. Cette omniprésence paradigmatique du loup-garou ne doit cependant pas masquer que cette créature intervient surtout dans des récits brefs ou dans de courtes anecdotes. Dans les textes longs et en particulier dans les romans en vers, les presque 10000 octosyllabes de Guillaume de Palerne font figure d'exception en mettant en scène Alphonse, fils du roi d'Espagne et loup-garou, tandis que Guillaume d'Angleterre témoigne d'une présence euphémisée mais continue, du monstre dévoreur, signalée en particulier par la faim monstrueuse de la mère et le nom du fils, grand chasseur, Lovel 2. Ces deux romans, excentriques par rapport aux matières romanesques traditionnelles, constituent des exceptions dans un corpus que les métamorphoses animales laissent réticent. Cette méfiance en revanche disparaît à la fin du Moyen Âge dans le roman en prose de Perceforest. Cette vaste fresque a la caractéristique de ne pas hésiter à raconter des métamorphoses animales, peut-être parce qu'il vient après Mélusine (qu'il semble connaître) 3 : si aucune transformation en loup-garou n'est décrite, c'est à quatre substituts, la métamorphose en ours, en cerf, en taureau et en levrette, qu'il conviendra de s'intéresser pour montrer comment Perceforest, alors même que son auteur est fasciné par le folklore et qu'il cherche à bâtir une mythologie bourguignonne 1
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Emese Egedi -Kovács. Littérature et folklore dans le récit médiéval : actes du colloque international de Budapest, les 4-5 juin 2010, Collège Eötvös József ELTE, pp.119-134, 2011, 978-963-89326-0-0
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Contributeur : Laurence Leroux <>
Soumis le : lundi 25 septembre 2017 - 09:42:47
Dernière modification le : mercredi 21 février 2018 - 16:40:17
Document(s) archivé(s) le : mardi 26 décembre 2017 - 12:43:00

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Christine Ferlampin-Acher. Les métamorphoses du versipelles romanesque (Guillaume de Palerne, Guillaume d’Angleterre, Perceforest). Emese Egedi -Kovács. Littérature et folklore dans le récit médiéval : actes du colloque international de Budapest, les 4-5 juin 2010, Collège Eötvös József ELTE, pp.119-134, 2011, 978-963-89326-0-0. 〈hal-01592517〉

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