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Auto-évaluation des connaissances et élaboration défensive de l'information sur le risque : application à la lecture d'un message sur le S.I.D.A

Résumé : Les occasions sont nombreuses dans lesquelles nos connaissances relatives à tel ou tel risque sont mises à l'épreuve. Telle expérience personnelle, telle rencontre avec une victime, telle intervention d'un expert dans les médias nous amènent quelquefois à avoir le sentiment que nos connaissances sont valides ou au contraire partielles ou obsolètes. Comment dès lors abordons-nous de nou-velles informations sur ce risque ? Plus spécifiquement, qu'en est-il quand nos connaissances sont mises en doute et que celles-ci ont une importance particulière pour notre identité ou notre statut futur de santé ? Imaginons que je m'aperçoive que ma connaissance de la rage est finale-ment très approximative, basée sur quelques fragments (« transmise par des animaux », etc.) ou images stéréo-typées (« Pasteur et la vaccination »). Comment vais-je aborder une information nouvelle à propos des dangers de la rage présentée dans un journal ou dans tel document sanitaire ? Qui plus est si je crois avoir quelques chances d'être personnellement exposé(e) au risque à l'occasion d'un prochain voyage ? Un déficit avéré de ses connais-sances est-il suffisant pour susciter des stratégies actives de réponse à la menace ? Inversement, le fait d'être conforté(e) quant à la valeur de ses propres connaissances rend-il plus apte à prendre en compte les menaces asso-ciées à tel ou tel risque ? L'hypothèse d'un traitement défensif d'une information menaçante pour sa propre santé a été particulière-ment étayée dans le cadre des modèles qui abordent la persuasion comme la résultante de composantes cogniti-ves (capacités cognitives) et de composantes motivation-nelles (buts et efforts poursuivis, Petty, 1997 ; Wood, 2000). De fait, les démonstrations les plus fortes de cette com-binaison de composantes cognitives et motivationnelles portent sur des messages relatifs au risque et spéciale-ment à la santé (Stroebe, 2000). Face à un message relatif au risque, il se peut que nous poursuivions à la fois des buts d'exactitude (être correctement informé sur le risque) et des buts de protection de nos propres croyances sur notre santé actuelle et sur notre capacité future à nous protéger de la menace. Le fait de posséder plus ou moins de connaissances sur le risque a déjà été identifié comme un déterminant de la manière dont nous répondons à un __________________________________ * Psychologie sociale des comportements et cognitions, Université de Paris X, Département de Psychologie, 200, avenue de la Républi-que, 92001, Nanterre, Cedex, France Pour toute correspondance relative à cet article, s'adresser par courriel à message sur la santé. Toutefois les processus impliqués restent encore largement à explorer. Notre attention porte ici sur une composante métacognitive : l'évaluation de ses propres connaissances sur le risque. Notre intérêt ne porte pas sur la quantité, ni même sur la qualité des connaissances que nous possédons sur le risque, mais sur la valeur subjective que nous leur accordons de manière transitoire. Autrement dit, notre intérêt porte sur l'expérience subjective de posséder ou non des connais-sances. Dans un domaine du risque, ici le S.I.D.A, nous testerons si la valeur attribuée à ses propres connaissan-ces est une condition suffisante pour observer un chan-gement dans la manière plus ou moins auto-avantageuse dont nous élaborons les arguments d'un message relatif au risque. Notre point de départ s'appuie sur les travaux qui ont mis en évidence les stratégies défensives dans l'élaboration des contenus argumentatifs de messages sur la santé. TRAITEMENT MOTIVÉ DE L'INFORMATION SUR LE RISQUE ET COMMUNICATION DES RISQUES Nous passerons rapidement en revue deux lignes de recherche qui portent sur le traitement motivé de l'information dans le domaine de la santé, et spécialement un traitement défensif des informations menaçantes. Les prédictions se basent sur le modèle de traitement heuristi-que systématique de l'information (Chaiken, Liberman et Eagly, 1989 ; Chen et Chaiken, 1999 ; Meyer, 2000). Ce modèle prolonge l'hypothèse d'un traitement dual de l'information, déjà avancée et étayée dans de nombreux modèles dans le champ de la persuasion et de la cognition sociale (Chaiken et Trope, 1999). Un traitement lent basé sur un examen attentif des arguments du message (traitement systématique) coexiste avec un traitement rapide basé sur des règles pré-construites (heuristiques) mobilisables sur la base d'indices présents dans le message lui-même, ou relatif à l'identité et les attributs de la source du message ou encore au contexte de la communication. Sous l'angle motivationnel, les individus poursuivent des buts multiples distingués selon la typologie inspirée des approches fonctionnelles des attitudes (Maio et Olson, 2000 ; Smith, Bru-ner et White, 1956). Trois motivations fondamentales se dégagent de cette perspective selon les fonctions qu'elles servent : l'exactitude, le maintien des relations sociales et la protection du Soi. L'exactitude renvoie à une fonction
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https://hal.univ-rennes2.fr/hal-01610010
Contributor : Florence Terrade <>
Submitted on : Tuesday, January 30, 2018 - 10:17:16 AM
Last modification on : Tuesday, November 19, 2019 - 9:28:58 AM
Long-term archiving on: : Wednesday, May 2, 2018 - 10:32:11 AM

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CIPS - Terrade & Meyer (2003)....
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  • HAL Id : hal-01610010, version 1

Citation

Florence Terrade, Thierry Meyer. Auto-évaluation des connaissances et élaboration défensive de l'information sur le risque : application à la lecture d'un message sur le S.I.D.A. Les cahiers Internationaux de Psychologie Sociale, Éd. de l'Université de Liège, 2003. ⟨hal-01610010⟩

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