Le beau, le bon, le vrai »: Interroger les normes environnementales en sciences sociales

Résumé : Intérêt scientifique partagé par un certain nombre de chercheurs, dans la mesure où ces cadres sont observés dans leur mise en application dans les territoires et par le biais des réactions et adaptations qu'ils suscitent de la part des groupes sociaux et acteurs locaux. Notre questionnement était alors de savoir si les normes environnementales, dans leurs dimensions réglementaires et techniques, font sens pour les acteurs locaux impliqués dans la gestion ou la préservation des espaces ou des ressources (I). Ce faisant, nous interrogeons aussi la capacité des acteurs à s'approprier ces normes, voire à en produire d'autres, et surtout à les mobiliser dans le cadre de controverses d'aménagement et d'environnement (II). Il reste que si l'application des normes s'inscrit souvent dans des périmètres et zonages, les rapports sociaux à l'espace local ne sont pas pris en compte dans leur mise en oeuvre, contrairement aux considérations techniques et économiques (III). Dans les interventions supports de cette réflexion (cf. encart ci-dessous), les types et les niveaux de normes évoqués sont hétérogènes, et le défi de cette tentative de compte rendu est bien de faire dialoguer ces différents niveaux d'appréhension, relatifs à des approches distinctes plus encore qu'à des approches disciplinaires différentes (sociologie, droit, aménage-ment, géographie…). L'objet de cet article est de livrer un compte rendu a posteriori, subjectif et dédisciplinarisé du séminaire tenu dans le cadre des séminaires d'ESO-Rennes sur les normes environnementales. L e groupe séminaire ESO-Rennes avait pro-posé en juin 2013 que soit posée une question relative au contexte de l'action publique en matière environnementale. L'environnement doit être compris au sens large non seulement comme l'ensemble des éléments composant le milieu physico-naturel, mais aussi comme le cadre de vie construit des sociétés. Or, dans des domaines aussi variés que l'urbanisme, les paysages ou les services urbains, la référence à des règles formelles et légales organise le champ des possibles, notamment en fonction des directives européennes et des lois nationales. Parmi ces règles, les normes (de qualité, de constructibilité, d'usages, de composition…) jouent un rôle central, en produisant de notre point de vue des définitions de ce qui est « beau, vrai ou bon ». Les règles normatives ont pour ambition de représenter un « idéal éthique », un appel à la « responsabilité « écocitoyenne » de tous les acteurs », et doivent atteindre un « certain degré d'universalité » (Roy, 2013). Dans le domaine de l'environnement, ces normes sont complexes à appréhender car elles relèvent de multiples cadrages, renvoyant à des connaissances spécifiques (écologiques, biologiques, sanitaires, économiques), à différents régimes (propriété privée, intérêt public), à différents contextes (risque, gestion quotidienne etc.), et à des enjeux de portées différentes (publics, professionnels, locaux, mais égale-ment nationaux, voire internationaux) (Mormont, Mougenot et Dasnoy, 2006).
Type de document :
Article dans une revue
ESO Travaux et Documents, Espaces et SOciétés - UMR 6590, 2015, Octobre (39), pp.7-16
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Contributeur : Laurence Leroux <>
Soumis le : mercredi 25 octobre 2017 - 11:20:40
Dernière modification le : mardi 5 juin 2018 - 10:14:31
Document(s) archivé(s) le : vendredi 26 janvier 2018 - 12:45:59

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Citation

Jean-Baptiste Bahers, Emmanuelle Hellier, Nadia Dupont. Le beau, le bon, le vrai »: Interroger les normes environnementales en sciences sociales. ESO Travaux et Documents, Espaces et SOciétés - UMR 6590, 2015, Octobre (39), pp.7-16. 〈hal-01622209〉

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