Madeleine Lebouc : se faire un corps sanctifié par la religion catholique - Archive ouverte HAL Access content directly
Journal Articles L'Évolution Psychiatrique Year : 2008

Madeleine Lebouc : se faire un corps sanctifié par la religion catholique

Abstract

Madeleine Lebouc, alias Pauline Lair Lamotte, fascinated Pierre Janet. Her ecstasies, her stigmatas and the way she constantly walked on her tiptoes truly amazed him. How he raised her as a paradigmatic case in De l’angoisse à l’extase reveals this. Because she was hospitalised in a mental ward and set as an example to scientifically explain mysticism as the separation of the Church and the French State had just been achieved, Madeleine was rejected by the clergymen. Nevertheless, her religious commitment cannot be questioned and is actually worth analysing. Her existential orientation to Franciscan ideals helped her tame the torments of her cyclothymic psychosis until that defence collapsed, resulting in her being confined to La Salpêtrière. In her mystic delusion oscillating between melancholic unworthiness and manic ecstasy, Madeleine then adopted the ideal image Janet had of her. Without knowing it, Janet was indeed at the origin of her patient's stigmatas. By the use of these signs of Christ, worshipped in the Catholic religion, and by her physical elevation – walking on her tiptoes –, Madeleine tried, next to the famous psychologist, to attain a glorious body through an image of holiness right where from she felt cursed because of the sinful pleasure tormenting her.
Madeleine Lebouc, alias Pauline Lair Lamotte, passionna Pierre Janet. Ses extases, ses stigmates et sa constante marche sur la pointe des pieds le stupéfièrent bel et bien. Sa consécration en cas paradigmatique dans De l’angoisse à l’extase en témoigne. En raison de sa médicalisation en psychiatrie et de son utilisation pour expliquer scientifiquement la mystique, Madeleine fut conspuée par les ecclésiastiques. Son engagement religieux demeure néanmoins bien réel. Son analyse est d’ailleurs féconde en enseignements. Son orientation existentielle sur les idéaux franciscains assuma pour elle une fonction salvatrice pour limiter les affres de sa psychose déclarée sur un mode cyclothymique jusqu’à ce que cette défense disparaisse. Ce qui la précipita à la Salpêtrière. Au registre de son délire mystique oscillant entre indignité mélancolique et exaltation maniaque, elle se conforma alors à l’image idéale que Janet avait d’elle. À son insu, il fut l’instigateur de l’appropriation des stigmates de sa patiente. Par l’usage de ces signes vénérés dans le catholicisme et de son soulèvement corporel, Madeleine essaya, auprès du célèbre psychologue, de se faire un corps glorieux par une image de sainteté de là où elle avait la sensation d’être maudite en raison de la jouissance malsaine qui la parasitait.

Dates and versions

hal-01701368 , version 1 (07-02-2018)

Identifiers

Cite

Romuald Hamon. Madeleine Lebouc : se faire un corps sanctifié par la religion catholique. L'Évolution Psychiatrique, 2008, 73 (1), pp.41 - 52. ⟨10.1016/j.evopsy.2007.11.004⟩. ⟨hal-01701368⟩
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