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Conference papers

Le développement du potentiel créatif des étudiants d'une école innovante : le cas de l'École 42

Résumé : Dans un monde en perpétuel changement et pour faire face à des problématiques inattendues, de nouvelles compétences s'avèrent nécessaires (Sternberg, 2015). Notamment, la créativité, « capacité à trouver des solutions originales et adaptées aux contraintes de la situation dans laquelle elles se manifestent » (Lubart, Mouchiroud, Tordjam & Zenasni, 2003, p.10), est présentée comme une des compétences clés pour l'éducation du 21ème siècle (Cachia, Ferrari, Ala-Mutka, & Punie, 2010). L'École 42, école qui forme des informaticiens, s'inscrit dans ce besoin de développer des compétences transversales et place la créativité de ses étudiants comme un de ses bénéfices clés. En effet, cette école favorise une grande autonomie de ses étudiants (e.g., gestion autonome des apprentissages) et une place forte à l'expression des intérêts personnels à travers la pédagogie de projet. Objectifs et hypothèses de la recherche Dans ce contexte, une recherche a été mise en place dans cette école dont l'objectif principal est d'étudier le profil créatif des étudiants à travers deux modes de pensées : la pensée divergente-exploratoire, définie comme « capacité à produire le plus grand nombre d'idées nouvelles et originales », et la pensée convergente-intégrative qui est la « capacité à réaliser une seule production qui intègre différentes contraintes » (Lubart, Besançon & Barbot, 2011, p.12). Les traits de personnalité des étudiants (basés sur le modèle du Big Five de Costa & McCrae, 1987) sont également examinés en lien avec le profil créatif des étudiants. Trois questions de recherche ont été explorées dans cette étude : 1. La pédagogie de l'École 42 a-t-elle la même influence sur le potentiel créatif des étudiants quel que soit le type de pensée envisagé et le domaine de la créativité pris en compte (3 domaines : verbal, social et scientifique) ? 2. Le potentiel créatif se développe-t-il dans tous les domaines au fil des années d'étude ? 3a. Existe-t-il un lien entre la personnalité des étudiants et leur potentiel créatif ? 3b. Le lien entre le potentiel créatif et la personnalité des étudiants est-il le même selon le domaine de créativité considéré ? Méthode : Participants : la recherche est mise en place depuis 2016 dans l'école et est encore en cours. Chaque année, les étudiants ont la possibilité de compléter les questionnaires (deux années de suite au maximum). Année 2016 : au total 457 étudiants ont pris part à l'expérimentation (Mâge échantillon total = 23.24; ET = 3.92). L'échantillon était composé d'étudiants de première année (N=259) ; deuxième année (N=121) et 3ème année (N=74). Année 2017 : 321 participants au total dont 31 étudiants étudiants retest (Mage échantillon total = 24.3). A ce stade, la répartition de l'échantillon n'est pas encore accessible. Outils : deux mesures ont été proposées aux étudiants dans le cadre de cette étude. - Une mesure du potentiel créatif : EPoC (Evaluation du Potentiel Créatif ; Lubart, Besançon & Barbot, 2011) mesure la pensée divergente-exploratoire et convergente-intégrative dans trois domaines : verbale, sociale et 34 scientifique. Les formes A et B de l'outil ont été utilisées afin de permettre un retest ; 4 épreuves (2 de pensées divergente-exploratoire et 2 de pensée convergente-intégrative) sont proposées pour chaque dimension. Sur les 457 étudiants participant à l'expérimentation, 225 ont complété la forme A et 232 la forme B du test. - Un inventaire de personnalité, le BFI-Fr (Big Five Inventory Français ; Plaisant, Courtois, Réveillère, Mendelsohn & John, 2010), un inventaire de personnalité basé sur le modèle du Big Five de Costa et McCrae (1987). Résultats Les résultats de l'année 2017 sont en cours de traitement ; ainsi il n'est possible de présenter que les données de l'année 2016 dans le présent document de communication. Les résultats 2017 pourront être transmis ultérieurement. Hypothèse 1 : quel que soit la forme du test EPoC utilisée (forme A ou B), l'analyse par ANOVA révèle une effet significatif entre les différentes épreuves de créativité (Forme A : F(11,825) = 16.35, p<.001, η² = 0.18 ; Forme B : (F(11,715) = 12.39, p< .001, η² = 0.16). Dans les deux formes, les performances des étudiants se sont avérées meilleures dans le domaine Scientifique puis dans le domaine Social et enfin dans le domaine Verbal. Aucune différence significative n'a été observée pour la pensée intégrative dans les formes, quel que soit le domaine. Hypothèse 2 : dans la forme A du test EPoC, les analyses témoignent d'un effet significatif de l'année d'étude sur les scores de pensée divergente scientifique (pour les deux épreuves de pensées divergentes scientifique : F(2,139) = 3.91, p<.022, η² = 0.05, et F(2,131) = 4.29, p<.016, η² = 0.06) en faveur des étudiants de 3ème année. En effet, ils présentent des performances significativement meilleures que les étudiants de 2ème et 1ère année dans les épreuves de pensée divergente scientifique. Hypothèse 3a et 3b : des corrélations significatives ont été trouvées entre le potentiel créatif et la personnalité des étudiants. Pour la forme A, lorsque les traits de personnalité et le domaine de créativité sont considérés, des corrélations positives et significatives ont été observées entre la dimension Ouverture et la pensée intégrative verbale (r =.16, p<.041) et sociale (r = .26, p<.006), entre le trait Extraversion et la pensée intégrative sociale (r =.21, p<.024) et entre le trait Consciencieux et la pensée intégrative verbale (r =.17, p<.030). Pour la forme B, des corrélations positives et significatives ont été observées entre le trait Ouverture et la pensée divergente scientifique (r =.20, p<.031), entre la dimension Extraversion et la pensée divergente verbale (r =.19, p<.010) et la pensée intégrative scientifique (r =.22, p<.027). Enfin, des corrélations négatives ont pu être observées entre le trait Consciencieux et les épreuves de pensée divergente scientifique (épreuve 1 r =-.28, p<.002 ; épreuve 2 r =-.21, p<.029) ; les épreuves de pensées divergente sociale (épreuve 1 r =-.21, p<.037; épreuve 2 r =-.27, p<.007) et les épreuves de pensée intégrative verbale (r =-.19, p<.025). Discussion Pour finir, les résultats de l'étude seront comparés aux résultats 2017 chez les étudiants afin de comparer les phénomènes observés avec une nouvelle cohorte et observer le développement du potentiel créatif des 31 étudiants suivis. La question de l'effet de la pédagogie de l'École 42 sur la pensée créative des étudiants sera discutée au regard de l'effet des pratiques des étudiants (e.g. travail en autonomie, en groupe, etc.) ou encore sur les différences de résultats qui peuvent être liés aux épreuves de créativité ; la question de la spécificité de la créativité sera notamment discutée.
Document type :
Conference papers
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https://hal.univ-rennes2.fr/hal-01958169
Contributor : Laurence Leroux <>
Submitted on : Monday, December 17, 2018 - 5:26:15 PM
Last modification on : Tuesday, July 21, 2020 - 3:55:39 AM

Identifiers

  • HAL Id : hal-01958169, version 1

Citation

Niluphar Ahmadi, Maud Besançon, Benjamin Le Hénaff. Le développement du potentiel créatif des étudiants d'une école innovante : le cas de l'École 42. 23e journées internationales de psychologie différentielle, Université du Luxembourg, Jul 2018, Luxembourg, France. ⟨hal-01958169⟩

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