Maroc : l’intégration des subsahariens dans le travail informel

Résumé : Pendant longtemps, les subsahariens au Maroc ont été considérés comme des migrants en transit. Mais au fil du temps, leur durée de séjour s'est prolongée et il leur a fallu trouver des moyens de subsistance, dans une situation de grande précarité, Au début, ils ont cherché pitance dans les décharges et les déchets des marchés. Mais il s'est trouvé que les quartiers de relégation dans lesquels ils vivent ont aussi un tissu industriel (marbreries, briqueteries) qui au départ fonctionnait seulement avec la main d'oeuvre locale. Or, progressivement, ces entreprises ont commencé à recruter des travailleurs subsahariens, considérés comme moins capricieux. C'est du moins le discours des patrons. En fait, dans la logique de la concurrence exacerbée, les conditions de production doivent s'accélérer. La situation précaire des migrants e les oblige à accepter des rythmes autres que ceux que les travailleurs marocains ont imposés au fil du temps. De surcroit, la main d'oeuvre immigrée est une main d'oeuvre expérimentée (qu'il s'agisse d'une expérience acquise au pays ou le long de la route, notamment en Algérie). Elle a donc aussi un savoir-faire apprécié. Actuellement, elle semble plus importante que la main d'oeuvre locale. Et les immigrés y occupent des postes de responsabilité sur les machines. Les chefs d'entreprise ont donc un temps d'avance sur l'Etat qui ne veut toujours pas légaliser cette main d'oeuvre. Les migrants subsahariens ont donc réussi à construire par eux même leur propre intégration. Mais jusqu'à quand la construction de cette intégration restera-t-elle souterraine ? Les migrants ne sont plus des oiseaux de passage. Ils sont devenus une composante de la société marocaine, intégrée dans ses failles et dans ses marges, comme de nombreuses autres couches des Marocains eux-mêmes. Pendant longtemps, les subsahariens au Maroc ont été considérés comme des migrants en transit. Mais au fil du temps, leur durée de séjour s'est prolongée et il leur a fallu trouver des moyens de subsistance, dans une situation de grande précarité, Au début, ils ont cherché pitance dans les décharges et les déchets des marchés. Mais il s'est trouvé que les quartiers de relégation dans lesquels ils vivent ont aussi un tissu industriel (marbreries, briqueteries) qui au départ fonctionnait seulement avec la main d'oeuvre locale. Or, progressivement, ces entreprises ont commencé à recruter des travailleurs subsahariens, considérés comme moins capricieux. C'est du moins le discours des patrons. En fait, dans la logique de la concurrence exacerbée, les conditions de production doivent s'accélérer. La situation précaire des migrants e les oblige à accepter des rythmes autres que ceux que les travailleurs marocains ont imposés au fil du temps. De surcroit, la main d'oeuvre immigrée est une main d'oeuvre expérimentée (qu'il s'agisse d'une expérience acquise au pays ou le long de la route, notamment en Algérie). Elle a donc aussi un savoir-faire apprécié. Actuellement, elle semble plus importante que la main d'oeuvre locale. Et les immigrés y occupent des postes de responsabilité sur les machines. Les chefs d'entreprise ont donc un temps d'avance sur l'Etat qui ne veut toujours pas légaliser cette main d'oeuvre. Les migrants subsahariens ont donc réussi à construire par eux même leur propre intégration. Mais jusqu'à quand la construction de cette intégration restera-t-elle souterraine ? Les migrants ne sont plus des oiseaux de passage. Ils sont devenus une composante de la société marocaine, intégrée dans ses failles et dans ses marges, comme de nombreuses autres couches des Marocains eux-mêmes. Pendant longtemps, les subsahariens au Maroc ont été considérés comme des migrants en transit. Mais au fil du temps, leur durée de séjour s'est prolongée et il leur a fallu trouver des moyens de subsistance, dans une situation de grande précarité, Au début, ils ont cherché pitance dans les décharges et les déchets des marchés. Mais il s'est trouvé que les quartiers de relégation dans lesquels ils vivent ont aussi un tissu industriel (marbreries, briqueteries) qui au départ fonctionnait seulement avec la main d'oeuvre locale. Or, progressivement, ces entreprises ont commencé à recruter des travailleurs subsahariens, considérés comme moins capricieux. C'est du moins le discours des patrons. En fait, dans la logique de la concurrence exacerbée, les conditions de production doivent s'accélérer. La situation précaire des migrants e les oblige à accepter des rythmes autres que ceux que les travailleurs marocains ont imposés au fil du temps. De surcroit, la main d'oeuvre immigrée est une main d'oeuvre expérimentée (qu'il s'agisse d'une expérience acquise au pays ou le long de la route, notamment en Algérie). Elle a donc aussi un savoir-faire apprécié. Actuellement, elle semble plus importante que la main d'oeuvre locale. Et les immigrés y occupent des postes de responsabilité sur les machines. Les chefs d'entreprise ont donc un temps d'avance sur l'Etat qui ne veut toujours pas légaliser cette main d'oeuvre. Les migrants subsahariens ont donc réussi à construire par eux même leur propre intégration. Mais jusqu'à quand la construction de cette intégration restera-t-elle souterraine ? Les migrants ne sont plus des oiseaux de passage. Ils sont devenus une composante de la société marocaine, intégrée dans ses failles et dans ses marges, comme de nombreuses autres couches des Marocains eux-mêmes.
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Contributor : Laurence Leroux <>
Submitted on : Friday, September 6, 2019 - 10:31:40 AM
Last modification on : Friday, January 3, 2020 - 11:10:02 AM
Long-term archiving on: Thursday, February 6, 2020 - 12:25:05 PM

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Jean Louis Edogué. Maroc : l’intégration des subsahariens dans le travail informel. ATTAC association, 2010, pp.4-5. ⟨hal-02280180⟩

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