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Le patrimoine linguistique ou la transmission empêchée. À propos de : Gaëlle Violo, Transmettre la langue bretonne. Regard d’une ethnologue (2017)

Résumé : Un article paru dans le précédent numéro de Tétralogiques 1 m'a incitée à lire un livre écrit par Gaëlle Violo (2017) qui était cité en référence. Issu de sa thèse de doctorat en ethnologie, il traite de la transmission intergénérationnelle et familiale du breton parlé princi-palement en Basse-Bretagne. Elle est mise en regard, sous forme de vignettes, avec celle de la langue française (le fransaskois) parlée dans la province ouest-canadienne du Saskatchewan, dont le contexte sociolinguistique minoritaire est similaire. Ni linguiste ni bretonnante, l'auteure fonde son travail sur l'analyse des trajectoires biographiques d'informateurs interviewés. J'en ferai ici surtout le point de départ d'une analyse sociolinguistique et médiationniste, analyse qui prolonge celles du numéro précédent (avec un exemple de patrimonialisation portant sur un contenu langagier) et ne s'avère pas totalement étrangère non plus au numéro actuel. Parler de patrimoine linguistique c'est d'abord dissocier le langage (sa grammaticalité) de la langue et se situer dans le cadre explicatif d'une sociologie qui constitue cette dernière en lieu d'observation (ou contenu) parmi d'autres des liens et des responsabilités entre légateurs et héritiers. Ainsi et comme tout autre « bien » et usage non verbal, les langues se patrimonialisent au sens, médiationniste, où nous en sommes tributaires puisqu'elles sont un héritage que nous devons à nos prédé-cesseurs et en même temps responsables car objet d'une appropriation (Jean Gagnepain, DVD II, p. 150) 2. Nous sommes donc à la fois débiteurs et auteurs dans ce processus historique de récapitulation et d'origination (Pierre-Yves Balut, 1983) qui ne va pas de soi. Comme il n'y a pas une langue française, occitane, bretonne... mais des langues, il n'y a pas un mais des patrimoines. Nos multiples appartenances et la division du savoir linguistique instituent une diversité patrimoniale qu'il est bien difficile d'appréhender. Quel patrimoine linguistique et pour qui, sachant que ce qui est transmis, ainsi que la façon de transmettre, n'est jamais tout à fait ce qui a été transmis ? a Maître de conférences en Sciences du langage, LiRIS EA 7481, Université Rennes 2. laurence.beaud@univ-rennes2.fr 1 Charles Quimbert, « Fest-noz et patrimoine », in Tétralogiques, n°24, Processus de patrimonialisation. http://tetralogiques.fr/spip.php?article132 2 Le patrimoine se conçoit donc dans le modèle initial de Jean Gagnepain sur la face instituée de la personne, celle de la « paternité » ou des responsabilités.
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https://hal.univ-rennes2.fr/hal-02863268
Contributor : Laurence Leroux <>
Submitted on : Wednesday, June 10, 2020 - 9:41:28 AM
Last modification on : Thursday, June 18, 2020 - 3:33:35 AM

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  • HAL Id : hal-02863268, version 1

Citation

Laurence Beaud. Le patrimoine linguistique ou la transmission empêchée. À propos de : Gaëlle Violo, Transmettre la langue bretonne. Regard d’une ethnologue (2017). Tétralogiques, 2020, pp.205-214. ⟨hal-02863268⟩

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